• Le vol du dragon - Anne McCaffrey

    Le vol du dragon - Anne McCaffreyVoici le premier livre de Pern et mon premier vrai coup de cœur littéraire.

     

     

     

    La Ballade de Pern, tome 1

    Titre original : Dragonflight

    Année de publication : 1968 (1989 pour la version française)

     

    Quatrième de couverture :

    "Tout est calme en tous lieux sur la planète Pern. Les terrifiantes incursions des Fils argentés ont cessé depuis des temps immémoriaux. Les habitants ne savent plus pourquoi ils habitent dans des grottes et versent la dîme aux chevaliers-dragons. On ne croit plus les mythes relatifs à leurs folles chevauchées sur les grands dragons télépathes et à leurs actions d'éclat contre les redoutables Fils, qui anéantissaient toute vie organique. Les dragons deviennent rares dans le ciel de Pern.

    Mais le chevalier F'lar, maître du dragon Mnementh, se remet à étudier les vieilles légendes. L'Etoile Rouge se rapproche. Bientôt les Fils se remettront à tomber. Sur Pern il faut organiser la défense, et pour commencer rendre à la race des dragons son antique fécondité. Une nouvelle Reine va naître. Il faut une fille énergique pour la chevaucher. Où trouver celle en qui survit le don ancestral ?"

     

    Mon avis :

    J'ai déjà fait un point sur le cycle de Pern dans son ensemble, mais je ne m'étais pas encore attaquée aux avis livre par livre. Je vais pouvoir commencer avec le premier de tous (ordre chronologique d'écriture). Bien entendu, en relisant cette pépite... pardon : ce livre, je me suis efforcée d'être objective. Le résultat c'est que je me suis rendue compte que j'allai avoir du mal à en donner les points négatifs.

    Commençons quand même par ce qui ne va pas, et qui ici n'est pas du fait de l'auteure : les coquilles ! Par le premier œuf ! il y en a beaucoup trop pour les 310 pages que contiennent le livre. L'exemple le plus frappant c'est Ruatha : ce fort est placé sur la carte en début de livre (après le préambule) et pourtant au fil du récit on vogue entre Ruath et Ruatha, parfois plusieurs fois dans le même paragraphe no. Je sais qu'il y a d'autres coquilles du même genre dans les autres livres de la série, et pour au moins l'un d'entre eux qui n'ont pas été corrigées lors de la réédition. Bref, là je critique surtout la maison d'édition et un peu le traducteur (pour d'autres raisons comme des phrases qui n'ont pas vraiment de sens ou le vouvoiement entre certaines personnes qui, de mon point de vue, n'a pas lieu d'être).

    Mise à part ce gros point noir, je trouve ce livre tout simplement génial. Il y a certes peu de descriptions, mais celles qui sont présentes le sont pour les lieux et les personnages essentiels. On ne se perd pas dans des pages de descriptions a n'en plus finir, pour aller à l'essentiel. Cela reste parfois un peu dommage, même si cela laisse libre court à l'imagination. Ceux qui aiment les envolées lyriques sur le soleil incandescent disparaissant derrière un horizon de verdure seront déçus, mais ceux qui aiment bien que l'historie avance y trouveront leur compte (à condition d'aimer ladite histoire).

    Il y a une petite chose que je reprocherais quand même à notre regrettée Anne McCaffrey, c'est la division de son livre. Il y a quatre parties. Seulement quatre parties, sans chapitres pour les diviser. C'est long de voir des pages et des pages sans séparations. Pour être tout à fait franche, il y a quand même un moyen de séparer les évènements : les vers issus des balades de harpistes. Le problème c'est que si cela se voit bien, cela reste en quelque sorte fondu dans le texte qui fait "tas" indigeste à regarder (mais au moins quand on lit on a des repaires pour s'arrêter et ça c'est cool).

    J'aime bien ces morceaux de balades de harpistes. Ils sont un peu bancals en français, et peut-être le sont-ils également en anglais mais je ne serais dire... C'est un trait récurrent chez Anne McCaffrey que d'impliquer chant et chanteur dans ses textes (sa biographie explique bien ce phénomène). Ici les harpistes ont un rôle essentiel, même s'ils n'apparaissent que vers la fin du livre. C'est eux qui transmettent l'histoire de Pern à travers leurs chants.

    Passons à l'histoire en elle-même, qui pour moi n'a plus de surprise (sinon quelques détails oubliés par un long intervalle entre deux lectures). Certes, les surprises il n'y en a pas vraiment car les évènements sont amenés de tel sorte qu'on s'y attendait, mais au moins s'enchaînent-ils logiquement. L'histoire en elle-même est simple et le point de départ très bien résumé sur la quatrième de couverture.

    En gros, F'lar est le dernier chevalier-dragon bronze (je reviendrai sur ce terme plus bas) a entraîner son escadrille dans le respect des traditions en vue d'une future "attaque" de Fils. Même les autres chevaliers-dragons ont perdu foi en leur raison d'être, alors comment les seigneurs pourraient-ils davantage leur donner du crédit ? Bref, la situation est telle au début que le Weyr (lieu de vie des dragons) ne compte plus beaucoup de dragons et il ne reçoit quasiment plus de vivres de la part des seigneurs.

    La raison à cette déchéance est l'oubli des Fils, ou du moins l'incroyance en leur existence. Résultat, lorsque les chevaliers-dragons partent en quête d'une jeune femme pour conférer l'empreinte* à la future reine, ils ne sont pas très bien accueillis dans les forts. Pire même, un des seigneurs a réussi à mettre la main sur sept fort, alors que la tradition veut qu'il y ait un seigneur pour un fort, afin de le sauvegarder plus facilement des Fils.

    C'est dans l'un de ces forts que Lessa va être découverte. Cette nouvelle dame du Weyr est complètement différente de celle qui la précédait (Jora était un gros tas flasque et stupide) et surtout elle croit en la prochaine chute des Fils. Va alors s'enclencher une nouvelle ère pour le Weyr, même si pour cela il va falloir de la patience aux protagonistes, car pour changer les choses il faut attendre le premier vol de Ramoth (la reine) qui désignera le nouveau chef du Weyr en s'accouplant avec son dragon.

    Je n'en dirais pas plus sur la trame, sinon que la chute des Fils annoncée va bien arriver, mais qu'un nouveau problème va se poser : il n'y a qu'un Weyr plein sur Pern, et cinq autres vides. Le Weyr de Benden est donc le seul fournisseur de défenseurs contre les Fils mais malheureusement chaque bataille est usante et il n'y a pas assez de dragons. Il va donc falloir trouver une solution.

    Bref, ils ne sont pas au bout de leurs peines dans l'histoire.

    En ce qui concerne les dragons, il y a une véritable hiérarchie. Au sommet, la reine dorée, qui sert surtout à reproduire la race et désigner le chef du Weyr (le type qui dirige le Weyr avec la Dame du Weyr, compagne de la reine). Ce chef de Weyr est le compagnon d'un dragon bronze, les plus grands dragons après la reine, et les seuls qui peuvent espérer couvrir cette dernière. En dessous il y a les dragons bruns, puis viennent les dragons verts et bleus... ou bleus et verts... je ne sais jamais lesquels sont plus grands (les verts sans doute, qui sont des femelles stériles).

    Les dragons ont la possibilité de cracher du feu, à condition d'avoir mâcher de la pierre de feu (of course). Ils ont aussi la possibilité d'aller un point à un autre en l'espace de trois respirations en passant par l'Interstice (en gros ils disparaissent quelque part pour réapparaître autre part). En gros, ces petites bêtes (pour info leur tête est parfois plus grande qu'un homme, et pour une bonne représentation des tailles voilà un très bon lien : http://www.deviantart.com/art/Pern-Dragon-Size-Chart-133868492) sont vachement utiles, et en plus super sympas.

    Enfin, il faut savoir que les chevaliers dragons se reconnaissent très vite : ils ont des noms spécifiques (F'lar, F'nor...) qui ne sont pas toujours facile à prononcer (T'bor...).

     

    Les personnages que je retiens :

    - Lessa : jeune femme courageuse et patiente, elle a une détermination à toute épreuve. Elle a aussi et surtout un sacré caractère. Bref, c'est une dame de Weyr dynamique et volontaire.

    - Ramoth : reine du Weyr et compagne de Lessa. Elle a une absolue confiance en elle.

    - F'lar : lui aussi  est patient, et beaucoup plus mesuré que Lessa. C'est un chef d'escadrille exigeant mais respecté.

    - Mnementh : dragon-bronze de F'lar. Il est du genre décontracté.

    - Les dragons en général : ce sont des êtres qui ne comprennent pas le mal (mise à part quand il s'agit de Fils) et qui n'ont aucune notion de passé ou de futur (même s'ils ont des souvenirs). Du coup, ils ne vivent que l'instant présent et ont une conscience innée de ce qu'ils peuvent faire ou ne pas faire. Leurs interventions sont souvent assez drôles et contrecarrent parfois les arguments de leurs "maîtres"**.

    - Fax : on ne le voit pas beaucoup mais son prénom m'a toujours fait marrer... mais pas le personnage par contre. C'est un homme avide et perfide qui fait froid dans le dos.

    - Dame Gemma : femme forte compte tenue des circonstances.

    - Lytol : revêche mais honnête et dévoué au Weyr.

    - F'nor : frère de F'lar, il est beaucoup plus décontracté et souriant que celui-ci.

    - R'gul : vieil idiot froussard et englué dans ses propres contradictions.

    Je vais m'arrêter là pour les personnages, d'autant plus qu'il y en a qu'on voit assez peu dans ce premier tome et que je présenterai dans les suivant plutôt que d'en parler à chaque fois.

     

    Globalement, j'adore ce livre ! J'ai essayé d'être objective en le relisant, et j'ai eu l'impression de le redécouvrir. C'est toujours une petite merveille pour moi, qui me donne envie d'en lire plus. Je terminerais sur une citation :

    "Battez tambours, sonnez clairons,

    Tintez harpes, et marchez soldats.

    Flammes, brûlez ; herbes, flambez,

    A l'heure où l'Etoille Rouge quittera

    La nuit pour escalader l'horizon ! "

                                                                                                                                                               (Le vol du dragon, A. McCaffrey)

     

     

    * L'empreinte c'est le moment où lorsque le dragon sort de sa coquille, il se lit à vit avec son "maître". Ils forment à partir de là un duo inséparable qui peut communiquer télépathiquement.

    ** J'ai du mal avec le terme de maître quand il s'agit de chevaliers-dragons, car la relation entre un dragon et un homme n'est pas celle d'un chien à son maître. Le rapport qui s'en rapproche le plus est pour moi les deamons dans la Croisée des Mondes de Pullman. Les dragons sont une extension de l'homme, avec qui ils partagent tout une fois l'empreinte conférée. Si l'homme meurt, le dragon meurt. L'inverse n'est pas toujours vraie mais une partie du "maître" disparaît avec sa bête.

     

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