• La Couleur des Sentiments - Kathryn Stockett

    La Couleur des Sentiments - Kathryn StockettUne véritable perle nous plonge dans la société conservatrice américaine des années 60, à travers l'histoire croisée de trois femmes remarquables.

     

     

    Titre original : The Help

     Année de publication : 2009 (2010 pour la France)

     

    Quatrième de couverture :

    « Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s’occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L’insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s’enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s’exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu’on n’a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l’ont congédiée.

    Mais Skeeter, la fille des Phelan, n’est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s’acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l’a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même lui laisser un mot.

    Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié ; moins encore la toléreraient. Pourtant, poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante. »

     

    Mon avis :

    J’ai beaucoup aimé ce livre. Il se divise en trois points de vue : ceux de Skeeter, Aibileen et Minny. Trois personnalités, trois vies, trois histoires.

    Aibileen et Minny se connaissent depuis longtemps, et si de nombreuses années les séparent, elles sont de véritables amies qui peuvent compter l’une sur l’autre. Quant à Skeeter, elle n’est qu’une blanche comme les autres, simplement plus gentille que la plupart. Alors quand elle vient voir Aibileen pour lui proposer de témoigner, celle-ci commence par refuser. Mais le fils d’Aibileen est mort d’être noir, et tant d’autres agressions et meurtres ont lieu. En plus, il y a ce pasteur qui parle à la télévision d’organiser une marche. C’est l’époque idéale pour faire entendre sa voix. Seulement, il faut le faire anonymement au risque de finir en prison, voire pire.

    Ce que j’aime particulièrement à travers la rencontre de ces trois personnages, c’est la multitudes d’individus qu’elles nous font découvrir et la société des années 60 dans le Mississippi. Il n’y a pas que des mauvaises histoires, à commencer par celle de Skeeter qui aimait véritablement sa bonne. Constantine est un point récurrent dans le récit, nous frustrant autant que Skeeter à attendre la révélation sur la véritable raison de son départ.

    Il y a les blanches tout d’abord, qu’on voit par le regard des noires qui doivent se taire et faire ce qu’on leur dit. Dans le cas contraire, une blanche lance une rumeur et il n’y a plus de travail pour la bonne noire. Il y a aussi les relations qu’entretient Skeeter avec ses amies, avec qui elle souhaite garder de bonnes relations malgré certains propos qu’elles peuvent tenir.

    Et puis il y a ces noires dont Skeeter veut raconter l’histoire. Ces bonnes qui n’ont pas toutes de mauvais souvenirs, bien au contraire. Il y a de très belles histoires. Il y a ces mercis qui viennent du cœur et qui réchauffent. Il y a ces enfants qu’elles élèvent et auxquels elles s’attachent, mais qui deviennent comme leurs parents en grandissant.

    Outre ce combat pour l’égalité, c’est aussi l’histoire de femmes qui doivent prendre des décisions pour avancer, s’accepter comme elles sont ou encore faire face à leurs démons. Ce n’est pas qu’un combat public, c’est aussi un combat personnel qui ne peut que toucher le lecteur.

     

    Les personnages que je retiens :

    - Eugenia Phelan dit Skeeter : c’est une jeune femme qui a bon cœur mais qui n’a pas forcément conscience de ce qu’elle demande. Elle tient à ses amies mais en même temps réalise qu’elles ont des idées totalement opposées. Elle a beaucoup souffert d’être une grande planche aux cheveux frisés. Du coup, en vivant l’aventure que l’écriture de ce livre implique, elle va également apprendre à s’assumer pleinement.

    - Aibileen : elle est attachante. C’est une femme bien qui a toujours fait son  travail en silence, alors même qu’elle a de nombreuse fois du ignoré les affronts.

    - Minny : c’est une forte tête, mais une fois chez elle c’est différent. Progressivement, on comprend qu’elle est bien plus soumise à son mari que son caractère ne le laisse penser de prime abord. Je pense qu’elle s’attache progressivement à Miss Foote, mais l’idée qu’il n’y a pas d’amitié entre blancs et noirs est tellement ancrée en elle qu’elle ne s’en rend pas compte.

    - Celia Foote : elle me fait réellement pitié. Elle est à la fois pathétique et naïve. Elle n’est pas très futée mais pleine de bonnes attentions. J’ai vraiment de la peine pour elle, mais au moins dans son malheur elle a un mari bien.

    - Johnny Foote : je crois que c’est le seul homme vraiment bien de cette histoire. Il est très attaché à sa femme et s’en préoccupe réellement.

    - Stuart : ce n’est pas un mauvais garçon. Il est juste incapable d’être autre chose que ce qu’on attend de lui.

    - Elizabeth Leefolt : elle n’est pas vraiment mauvaise, juste totalement soumise à Hilly et parfaitement incapable d’aimer sa fille.

    - Hilly Holbrook : véritable garce qui a un ascendant sur quasiment toutes les femmes de la bonne société de Jackson, malheureusement. Elle est la reine des mauvaises rumeurs, ce qui finit par lui poser quelques problèmes.

    - Madame Phelan : c’est une patronne blanche comme beaucoup d’autres. Elle n’est pas foncièrement mauvaise, mais pour elle les noires ne se mélangent pas aux blanches, d’autant plus si cela pourrait la mettre mal à l’aise vis-à-vis de la bonne société.

    - Constantine : son histoire est vraiment touchante et cruelle.

     

    Ce livre est merveilleux. A la fois dur et sensible, je pense qu’il rend un magnifique hommage à toutes ces bonnes noires, et globalement à tous les noirs qui ont soufferts en silence avant que leurs droits ne soient enfin reconnus. Et je trouve que le titre français est beaucoup plus percutant et représentatif de l’histoire que la version originale (The Help).

     

    Pour le film, c'est par ici.

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